Classe de perfectionnement en accordéon diatonique


Classe de perfectionnement en accordéon diatonique avec Eric CHAMPION

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- Notion de construction d’un discours musical :

* Comment penser la structure d’une pièce musicale (amorces, densifications, contrastes, évènements, ruptures, chutes…) ?

* Exploration de plusieurs possibilités de personnalisation d’un morceau de musique traditionnelle (autour de bourrées à trois temps d’Auvergne).

- Construction d’une « boîte à outils » pour se lancer de manière autonome dans l’aventure :

* Développer l’imaginaire.

* Découvrir et façonner un champ d’expression artistique personnel à travers divers modes d’ornementations et de variations (substitution, permutation, suppression, déclinaison, répétition, altération…)

* Façonner son style à travers différents angles d’attaque : la pulsation, le rythme, la mélodie et l’harmonie.

- Mise en pratique via la construction de pièces musicales en solo ou à plusieurs.

Eric Champion se présente à l’occasion de la sortie de son album solo (mai 2002)…

Je suis originaire de Saint-Bonnet près Riom, au cœur du pays Brayaud. C’est tout naturellement que j’intègre l’association « Les Brayauds » au milieu des années 70. Parallèlement à la danse, je commence rapidement la pratique de l’accordéon diatonique avant de m’adonner, au cours des années 80, à la collecte avec quelques compères (Alain Barse, Magali et Didier Champion, Eric Cousteix) sur l’ouest du département du Puy-de-Dôme (Combrailles, Monts Dôme et Dore, Artense). Fondateur de plusieurs groupes musicaux (Couleurs, Eau Forte, Bardane), avec lesquels j’enregistre plusieurs albums, je développe des activités de musicien, danseur, collecteur et formateur autour des musiques et danses traditionnelles d’Auvergne au Gamounet, la ferme viticole des Brayauds, véritable laboratoire artistique pour moi.

Le choix du répertoire de ce CD s’articule autour de trois axes. Tout d’abord, le répertoire des Combrailles. Occulté par les pratiques Parisiennes, Cantaliennes, Aveyronnaises ou Lozériennes de la musique d’Auvergne, ce répertoire est confidentiel. Situé à l’Ouest du département du Puy-de-Dôme, c’est un pays de vielles et de cornemuses, où l’accordéon diatonique puis chromatique connut un franc succès dès l’entre-deux-guerres. La pratique du « bouffarel », comme disent les gens de ce pays, coïncide avec l’essor des danses comme la polka, la scottish, la mazurka…

La proximité de centres de production d’accordéon, comme à Tulle avec la Maison Maugein ou à Brive avec la Maison Dedenis, les modes de distribution de l’instrument par catalogue avec la maison Pajot de Jenzat, village de luthiers très proche, ou le catalogue Manufrance de St-Etienne, mais aussi quelques interprètes d’exception comme Mazenot, depuis longtemps disparu mais dont le souvenir habite les mémoires, sont des facteurs qui expliquent l’ampleur de la pratique de l’accordéon dans ce pays. Quel hameau, quelle famille n’a pas eu son ou ses instrumentistes ? Toutes sortes de modèles d’accordéon ont cohabité pour nous livrer un répertoire inédit. J’ai eu la chance de collecter les derniers musiciens. De ces rencontres, je retiens l’humilité et la générosité de ces artistes mais aussi une émotion que je cherche à faire partager dans ma pratique.

La deuxième source que je souhaitais privilégier est le travail sur les standards. Ces morceaux font l’objet d’interprétations sans cesse renouvelées et tout à fait originales. J’ai souhaité prolongé le travail de générations de musiciens sur ces pièces musicales dont les ressorts sont inépuisables, en vous livrant là ce qu’aujourd’hui elles m’inspirent.

Enfin, j’ai voulu que soit présente la pratique actuelle. Le répertoire des musiques et des danses traditionnelles est actuellement joué par de nombreux musiciens. Bals, concerts, spectacles sont fréquents et de nouveaux thèmes viennent naturellement enrichir ce patrimoine. Je vous confie ici quelques-unes des mélodies que j’ai récemment façonnées.

Quant au jeu que je développe pour interpréter ces répertoires avec mes accordéons diatoniques, il emprunte beaucoup au vocabulaire musical des interprètes que j’ai collectés. J’ai simplement développé ce langage en essayant de maîtriser et décliner leur technique tout en continuant le travail d’exploration qu’ils pratiquaient sur les morceaux de leur répertoire.